Nier l’évidence…

Voici un article de Sharon Begley traitant du rejet de la science par les psychologues paru le 02 octobre 2009 dans Newsweek; amusons-nous à extrapoler cet article au monde de la kinésithérapie: les attitudes et les mécanismes de défense vis à vis des publications scientifiques ne sont-elles pas exactement les mêmes dans notre petit univers masso-kinésithérapique?

Ceci dit: nier l'évidence suppose implicitement l'existence de cette dernière. C'est déjà ça de pris!

Peut-on mesurer et valider ce qui est subjectif?

Question biostatistique fondamentale en santé et encore plus pertinente en kinésithérapie que dans d'autres domaines médicaux!

Imaginez qu'un professeur d'université de biostatistiques mette son cours en ligne sur ce double thème, imaginez qu'en plus il vous transmette des outils techniques pour vous confrontez à la réalité du terrain clinique et que de surcroît il vous propose des devoirs d'entraînement…

Et bien Bruno Falissard l'a fait, vous le retrouverez dans les marque-pages sociaux du blog Kinéplanète en haut à droite de l'écran.

Le projet PEDro grandit

Cette base de données anglophone en “physiothérapie basée sur les preuves” (EBP), gérée par nos confrères australiens, se divise maintenant en 2 sites distincts:

- une base de données à l'usage des professionnels qui reprend les anciennes fonctionnalités de recherche du projet PEDro habituel.

- une base données à l'usage du public soigné qui propose une façon plus “intuitive” d'accéder au fond documentaire en physiothérapie (3 niveaux: études cliniques, synthèses d'études cliniques et recommandations cliniques) par région du corps, type d'atteinte et symptômes dominants. Les documents sélectionnés dans cette base de données à l'usage des patients, de leur entourage et de leurs familles contiennent un résumé vulgarisé pour le grand public en anglais courant: “ce qu'il faut savoir” en quelque sorte. L'entrée concernant “un problème de douleurs du bas du dos”, par exemple, donne accès aux meilleures publications mondiales concernant les recommandations cliniques du traitement de la lombalgie, chacune avec son résumé en anglais courant.

Si notre Ordre  cherche encore une manière utile et pratique de faire valoir et médiatiser les compétences des kinésithérapeutes en France, il pourra toujours se payer les droits d'utilisation de cette base de données et les services de traducteurs pour mettre en ligne la version française. Cela coûterait-il beaucoup plus cher que des myriades de patients aux yeux béats après la rencontre d'une tribu de Sandrines et d'Alexis, placardés un peu partout sur les abri-bus du territoire?

Vous retrouverez dorénavant les 2 liens distincts du projet PEDro dans les marque-pages du blog Kinéplanète sur le réseau social Delicious. (flux RSS en haut à droite de l'écran)

Rions un peu: la kinésithérapie et la télévision

Pour préparer la rentrée en douceur, vous pourrez prendre un petit moment de bonheur médiatique en visionnant cette playlist compilée sur le site de l'Institut National de l'Audiovisuel.

On y découvrira entre autres: un Patrice Leconte inspiré dans la réalisation d'une réclame pour une purée célèbre, une Arlette Chabot n'interrogeant pas encore de président de la république, une salle de rééducation à Besançon époque noir et blanc ainsi que des chiens particulièrement bien traités. On se rendra également compte que l'Evidence Based Medecine n'avait pas encore cours en France dans les années 80 et que le métier de kinésithérapeute peut devenir une profession conjugalement très très périlleuse.

Et on se posera une dernière question: “Mais qui était donc Mr Gazier?”

A consommer et à partager sans modération.

Le social bookmarking en kinésithérapie

Le social bookmarking ou “marque-page social” permet de stocker et de taguer ses pages internet favorites sur un serveur dédié et de les partager avec d'autres utilisateurs. Il revient à créer au fil du temps une véritable base de données de pages internet gérée par les internautes eux-mêmes. Cette base de données est ensuite consultable grâce à un moteur de recherche. Ce n'est donc plus un robot qui effectue le travail de classification et de hiérarchisation de l'information mais l'intelligence collective de la communauté internaute. Fini le “page rank“  robotisé du célèbre Google et vive le référencement statistique humain!

Dans sa façon de classer l'internet, le social bookmarking privilégie la pertinence et la qualité du contenu d'une page par le nombre de personnes l'ayant choisie comme “favorite”.

Et de plus vous ne risquez plus de perdre vos favoris lorsque votre ordinateur attrape un rhume puisque ceux-ci sont stockés à distance.

Le réseau de social boomarking le plus célèbre  et le plus fréquenté actuellement se nomme delicious. Assez simple d'utilisation, il permet d'insérer un petit module dans votre navigateur internet qui vous servira à taguer petit à petit vos pages préférées lors de vos navigations sur la toile et d'accéder rapidement à vos pages favorites (pour firefox 2 : c'est celui-là et pour firefox 3: c'est par ici). Il vous suffit de créer un compte et de commencer à l'utiliser.

Une requête simple comme “kinésithérapie”donne pour l'instant 148 entrées, ce qui en fonction de nos nouvelles habitudes de kinésithérapeutes 2.0, pourrait grandement s'améliorer dans les mois qui viennent.

A lire aussi avant de se lancer: 10 conseils pour exploiter pleinement delicious

Et une petite video en anglais mais très pédagogique pour bien comprendre tout ça:

Le miglustat traite durablement les cellules responsables de la mucoviscidose

Des nouvelles fraîches et probablement révolutionnaires dans le traitement de la mucoviscidose en provenance de l'espace presse du CNRS: le miglustat se révèle efficace pour traiter durablement les anomalies phénotypiques  portant sur l'activité de la protéine membranaire CFRT.

Ce traitement ne se limite donc pas à contrer les symptômes de cette maladie génétique, il porte directement sur l'expression génétique  des cellules malades.

Cette molécule est en cours d'essai clinique de phase II. Affaire à suivre avec intérêt dans les prochaines semaines.

Un peu de soleil dans un ciel nuageux

Je vous invite à lire le témoignage d'une femme qui raconte son aventure cancérologique sur son blog hébergé par libération.fr

Son post du 28 juin 2009 parle d'une première prise de rendez-vous et du début d'un traitement en kinésithérapie concernant les conséquences lymphatiques et cicatricielles d'une cure ganglionnaire axillaire.

Allons-y pour un peu d'autosatisfaction… Les occasions sont rares par les temps qui courent!

(Je sais pas vous, mais moi, je préfère nettement quand on me parle de ce que fait Laureline plutôt que des aventures de la belle Sandrine et de son pote Alexis… Mais bon.)

J’ai mal à mon Ordre

Mais à quoi pensent-ils donc derrière les murs des locaux spatieux et prestigieux du Conseil National de l'Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes (CNOMK) pour en arriver là?  Comment peut-on élaborer une campagne publicitaire aussi délétaire pour la profession? En tout cas elle ne fait pas regretter l'absence d'abri-bus dans certaines contrées françaises. Le Conseil Départemental de l'Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes de l'Hérault nous avait déjà fait part de ses prétentions publicitaires il y a quelques mois; la campagne nationale du CNOMK est exactement sur la même ligne déplorable, l'ambiguïté sexuelle en plus. France Culture s'est chargée de la réplique, de concert avec la prise de parole du syndicat Alizé; et au delà du sentiment de honte en entendant cette chronique radiophonique, il faut bien dire que cette contre-campagne fait du bien à tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans cet incompréhensible battage médiatique.

Pourquoi cette obsession à mercantiliser notre profession encore émergente sur le plan de ses savoirs et plus généralement, sur le plan de son identité? De la part de groupes commerciaux, comme LPG Systems par exemple, un discours professionnel mercantilisant peut déclencher des otites chez bon nombre d'entre nous mais après tout, ils sont dans leur rôle et libre à chacun de “faire une pause avec sa profession, pas avec la beauté LPG”, comme nous le suggère la nouvelle égérie de cette entreprise qui ne connaît pas la crise; ou pas. Mais de la part du CNOMK, c'est un autre problème.

Dans les missions de cette nouvelle institution selon la loi du 09 août 2004, l'Ordre est censé être garant entre autres: de l'honneur et de l'indépendance de la profession, de l'accès à des soins de qualité pour tous, de la publication et de l'application d'un code de déontologie. L'Ordre nous parle aussi très régulièrement de sa mission de service public. Entre la loi du 09 août 2004 et cette campagne publicitaire il y a un risque majeur de déchirure bilatérale des adducteurs pour un CNOMK dont l'équilibre bipodal n'est toujours pas acquis.

La profession est-elle si peu porteuse de projets et si peu consciente des enjeux à venir? Evidemment que non.

En lisant la richesse et la qualité de certains articles ou commentaires de l'internet kinésithérapeutique, on peut se rendre compte d'une profession en marche, fourmillant d'idées et de projets à défendre. Un véritable think-tank 2.0 pour notre Ordre qui serait bien avisé de faire son marché parmi ce foisonnement d'idées. Les véritables enjeux de notre profession sont évoqués et débattus ailleurs qu'au sein de l'instance ordinale prévue et financée à cet effet.

Soit les locaux de l'Ordre ne sont toujours pas équipés d'un accès téléphonique et internet, soit nos cotisations ordinales devront servir à l'achat de quelques paires de lunettes avec correction personnalisée. C'est urgent.

Défi Cycl’Océan

Relier La Rochelle à Biarritz par 500kms de pistes cyclables, c'est le défi que se sont lancés dix anciens patients paraplégiques ou amputés du Centre de Rééducation Fonctionnelle E. Brétegnier à Héricourt en Haute-Saône.

Leur aventure s'est déroulée du 21 au 31 mai 2009 et elle est à découvrir en mots et en images par ici.

Sécurité routière: un acte de prévention primaire en kinésithérapie

Encore un domaine très peu développé dans nos pratiques et dans lequel nous sommes pourtant des témoins et des acteurs de premier plan.

A lire: le compte rendu d'une expérience de sensibilisation aux dangers de la route auprès des jeunes conducteurs menée par une confrère.

Organisation de la désorganisation en santé

Si vous ne connaissez pas encore l'article 17 du très critiqué projet de loi HPST, je vous conseille vivement la lecture de ce décryptage qui nous explique comment va se désorganiser d'ici peu l'enseignement et les garanties de formation en santé.

Basé sur des protocoles proposés et cooptés par l'Agence Régionale de la Santé et la Haute Autorité de la Santé, il permettra qu'un infirmier puisse proposer des séances de rééducation fonctionnelle en kinésithérapie, qu'une orthophoniste puisse gérer une intervention chirurgicale, qu'un kinésithérapeute se déclare apte à réaliser des infiltrations… A partir du moment où, au cas par cas, chaque protocole d' “actes de soins” est coopté, les professionnels de santé ayant élaboré ce protocole pourront réaliser les actes décrits par ce dernier.

Diviser, individualiser, mettre en concurrence sauvage… C'était donc ça le transfert de compétences annoncé à grands bruits depuis quelques mois déjà? Voilà donc la tournure que prend la coopération entre professionnels de santé version néo-libérale.

Comment imaginer que l'objectif puisse être qualitatif?   Moins de formations universitaires, diminution de titres, de diplômes à faire passer et à organiser, pas vraiment de VAE non plus… Pour permettre quoi? De substantielles économies publiques encore une fois… Je ne vois vraiment pas très bien comment tout ce joyeux bazar de soins en tous genres pourra un tant soit peu devenir lisible aux yeux du public soigné.

A noter également que les assurances pourront décider de ne pas prendre en charge certains protocoles ayant été cooptés par l' ARS ou la HAS. Cerise sur ce gâteau bien peu ragoûtant.

Simple et clair pour tout le monde?

Alors feu.

Accès aux soins en kinésithérapie: enfin des mesures?

Dans une dépêche datée du 29/04/09, le journal “Les Echos” rend compte des négociations actuelles de l'assurance maladie avec les principaux syndicats de kinésithérapeutes libéraux.

Pour défendre correctement la profession de kinésithérapeute, hormis le fait de s'écharper avec quelques esthéticiennes pour un prétendu monopole du massage, il s'agit aussi d'organiser correctement l'accès à des soins de qualité sur tout le territoire.

De la démarche scientifique

L'émission de France Inter “La tête au carré” diffusée le mercredi 29 avril  permet de se rendre compte de la complexité de la validation d'une étude clinique et des débats scientifiques résultant de la publication de celle-ci. Dans cet exemple, il s'agit des résultats d'une étude sur l'influence des ondes des antennes relais et des téléphones portables sur la santé humaine.

L'occasion de saluer la rigueur et le travail du bisontin Jean-François Viel, pour qui les biostatistiques n'ont plus aucun secret.

Des bébés réels dans un monde virtuel

Un communiqué de presse du CNRS remet franchement en cause les réflexes primaires de marche du nouveau né déclenchés par le contact de ses petits pieds sur une surface rigide.

Ce résumé d'expérience met en évidence des liens plus étroits  entre l'environnement visuel du nouveau né et ses réactions de marche automatique.

La fampridine améliore la marche des patients atteints de SEP

C'est ce que démontre un essai clinique de phase III portant sur 300 personnes. Cet article est publié dans la revue médicale The Lancet.

La kinésithérapie sur le terrain médiatique

Eric Soyer, kinésithérapeute, s'est laissé filmé et répond à de nombreuses questions que l'on nous pose régulièrement. Notre collègue n'hésite pas à nous donner ses impressions sur des thèmes plus ou moins complexes.

On pourrait toujours lui reprocher des réponses à l'emporte pièce ou le manque d'influence de la kinésithérapie factuelle dans ses réponses mais nous ne le ferons pas! Ses réponses sont celles d'un professionnel de terrain comme beaucoup d'entre nous, représentatif de notre niveau de formation et de nos connaissances actuelles en France.

(Juste pour plaisanter: le site proposant ces vidéos de santé s'intitule “questions de marché”. Petit accent aïgu qui nous rapproche de ce formidable et absolument indispensable avenir commercial de la kinésithérapie en France et qui nous éloigne d'un site spécialisé traitant de la locomotion humaine… What a wonderfull world!)

De la mastication du homard à la récupération de la marche chez l’homme

Pas de lien évident dans cet intitulé et pourtant il résume en quelques mots le parcours scientifique de Gregory Barrière: d'une maîtrise en biologie cellulaire jusqu'à son post-doctorat dans le domaine des traumatismes médullaires.

Une interview à lire sur le site de l'Institut de Neuro-Sciences de Bordeaux.

Aïe ça pique…

Ce n'est pas l'état de santé de la population âgée qui coûte et qui coûtera cher à un système de santé, ce sont certains examens et autres dispositifs prescrits (entre autres nos séances de kinésithérapie) qui sont onéreux et qui n'apporteraient pas un bénéfice important à la qualité de vie et à l'état de santé de ces personnes

Voici en substance ce que relate cette synthèse médicale malheureusement très bien documentée. L'auteur va même jusqu'à écrire que ces dépenses superflues constitueraient une rente pour les industriels et les professionnels de santé.
On a déjà pu lire ou entendre l'avis de notre cher président et de son gouvernement sur cette question piquante mais vous qu'en pensez-vous?

Magouillages prescriptifs

Une nouvelle idée de génie de la part de la CNAM: celle-ci propose aux généralistes de toucher 5 à 7 euros par patient dont ils sont les médecins référants à la condition d'atteindre des objectifs en matière de prescription. Ce contrat constituerait une prime annuelle de 5000 euros par médecin!

Ce “contrat d'amélioration des pratiques individuelles” comprend des objectifs de prescription de médicaments et de vaccination, de dépistages (cancer du sein entre autres)…

Un investissement pour l'harmonisation des bonnes pratiques médicales? Pourquoi pas.  Sûrement nécessaire et incitatif sur des thèmes sensibles tels que les dépassements d'honoraires ou les problèmes de répartition démographique par exemple.

Néanmoins les relations avec nos prescripteurs pourraient se compliquer très sensiblement car en plus de ce fameux contrat, une condition financière pour la revalorisation de la consultation de 22 à 23 euros a été posée par la CNAM: il s'agit, parmi d'autres secteurs, d' économiser 60 millions d'euros sur les dépenses relatives aux affections longue durée et 100 millions d'euros pour les actes en série comme nos soins en kinésithérapie.

Poursuivre la lecture ‘Magouillages prescriptifs’

Allez les enfants: tuez vos parents!

Difficile de passer une journée de travail sans entendre une désormais célèbre question de la part de patients : “Mais ce que vous faites, c'est un peu de l'ostéopathie non?”

Alors, pour la cinquième fois de la journée, il faut tenter la synthèse historique et économique qui conduit à cette question essentielle au coeur du quiproquo actuel de nos pratiques, tout ça avec des mots simples et de la pédagogie. Il faudra quand même penser à ajouter cet acte d'éducation en santé publique à notre nomenclature…

Que s'est-il passé pour en arriver là?

Au commencement, l'absence de plan de carrière et de formation continue sérieuse en kinésithérapie a ouvert la voie aux formations en ostéopathie dont le prix déraisonnablement onéreux n'avait pour justification que l'accès au déconventionnement plus ou moins complet des soins qui en découlaient. Le retour sur investissement était tel que cette nouvelle manne justifiait amplement une publicité tonitruante (encore actuelle) dans le monde de la kinésithérapie.

Ce fût la période faste de pseudo-doctorats prétendus bac+6 ou même 8, sans aucune valeur universitaire, auto-proclamés par chaque école et souvent soutenus par un syndicat associé à chaque même école. Le gouvernement tolérait ces formations et ces pratiques.

Les diplômes sont ensuite devenus plus officiels avec l'agrément de certains établissements assurant une formation ostéopathique en 6 ans par le gouvernement de l'époque. Ce soutien de l'Etat a même été plus loin lorsque Xavier Bertrand, alors ministre de la santé, a dénoncé, de concert avec la chambre nationale des ostéopathes, un nouveau genre de fraude à la sécurité sociale! Les kinésithérapeutes ne peuvent donc plus exercer librement leurs techniques de thérapie manuelle en restant conventionnés sans être de vils fraudeurs publics. Tout simplement sidérant!!! La plaisanterie n'est pas terminée à en lire ce morceau de bravoure estivale de la part de Roselyne Bachelot. Dans cet état d'esprit, il faut beaucoup de courage et/ou de militantisme (ou de bêtise?) pour rester conventionné…

Ceci dit, heureusement que nous ne lisons pas ces textes au pied de la lettre et que beaucoup d'entre nous restent des fraudeurs fiers de leurs pratiques! Nous voilà presque contraints à la désobéissance civile pour exercer convenablement!!!

Les enfants papavores de la thérapie manuelle pensaient enfin être arrivés à leur fins en ayant irrémédiablement digéré le monde conventionnel de la kinésithérapie et de la médecine manuelle; en revendiquant ce diplôme d'élite, ce doctorat clinquant avalisé par l'Etat sans autre condition. Le réveil a du être brutal pour ces enfants gourmands quand un beau matin , le ministère de la santé autorisa des établissements a délivrer des diplômes d'état en ostéopathie: des formations en 3 ans permettant d'exercer l'ostéopathie en France. Fini le doctorat de médecine holistique en thérapie manuelle et réciproquement! Aux oubliettes l'excellence et l'élite de ces formations juteuses… Et le tour était joué pour un gouvernement obsédé par les économies en santé par tous les moyens possibles.

Les ambitions des enfants terribles de la thérapie manuelle auront été les jouets de la réforme néo-libérale en santé, en chemin depuis une petite dizaine d'années; pour arriver à cette conclusion: des thérapies manuelles conventionnées apparemment interdites pour les kinésithérapeutes et les médecins, avec leur miroir hors convention légalement encouragé, sans plus de prestige que nécessaire…

Au final une situation inextricable et inexplicable pour les praticiens en thérapie manuelle: des kinésithérapeutes plus ou moins conventionnés déclarés ostéopathes ou non, des médecins ostéopathes plus ou moins conventionnés, des ostéopathes DO hors convention, et bientôt des ostéopathes DE hors convention…

“Alors ce que vous faites, c'est un peu de l'ostéopathie oui ou non?”




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